Le terme de No man’s land prend véritablement sa signification. Une place vide, blanche. Maculée de gouttelettes de pluie. Personne ne s’y risque. Personne n’ose la traverser. Il est à peine 20h et la boulangerie de la place est la seule vitrine illuminée. Le jeune boulanger, en train de passer le balais, nous rassure « Non, mais vous savez, d’habitude, il y a du monde ici, mais le soir … ». La ville s’éteint à l’heure du coucher de soleil.


Première nomination. Une reconnaissance et une probable récompense. 9/3 commence à marcher. Sur ces petites pattes de documentaire, il se fraye un chemin dans les festivals ou autres cérémonies.
Le tramway, plein à craquer, s’apprête à aborder le quai. La voix électronique annonce « Hôtel de ville de la Courneuve ». « Hôtel de ville de la Courneuve » répète la dame virtuelle, les portes du tram s’ouvrent. Des gens descendent, pressés, stressés. C’est la fin de la journée, voir le début de la soirée. Il est 20h30. La tête baissée, les yeux fixés sur l’asphalte, ils affrontent le vent glacial pour rejoindre leurs baraques, après une journée éprouvante. Pour les autres, un peu plus détendu, un peu moins fatigués -et encore-, c’est cinoche.